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Evalution de l’utilité sociale et démarche progrés de quoi parlons nous ?

Les acteurs l’économie sociale et solidaire ont besoin d’identifier, de valoriser, de mesurer et de rendre compte de ce qui fait leur utilité sociale. Que ce soit dans le cadre de démarche d’évaluation de l’utilité sociale, de démarches progrès ou de valorisation de leurs bonnes pratiques, Ces acteurs cherchent à analyser et valoriser la qualité des services et des produits qu’ils proposent, les méthodes d’organisation et de gestion qu’ils mettent en œuvres et les relations qu’ils développent avec leur environnement, en lien avec les valeurs et principes de l’économie sociale et solidaire.

L’évaluation de l’utilité sociale :

En matière d’évaluation il existe plusieurs Type d’évaluation :
l’évaluation externe : les évaluateurs appartiennent à un groupe différent de celui des évalués. ( on retrouve ce type d’évaluation dans les certification ou les agréments)
l’évaluation conjointe : différents acteurs évaluent ensemble un processus de développement. ( SGP, Démarche progres)
l’auto-évaluation : les évaluateurs et les évalués appartiennent au même groupe c.à.d. le staff du projet et d’autres acteurs évaluent leur propre programme ou projet
l’auto-évaluation assistée est une auto-évaluation avec appui externe.
L’évaluation de l’utilité sociale : l’approche Utilité Sociale, à la différence de l’approche évaluative en général, ne vise pas à exprimer (à mesurer ou à faire prendre en compte …) toute la valeur économique générée par une entreprise ou une organisation. Son objectif est plus limité et en même temps plus ambitieux : la « démarche utilité sociale », vise à faire remonter au grand jour la face cachée de la valeur économique d’une entreprise qui n’est pas spontanément prise en compte (et évaluée en unités monétaires) par le mécanisme des prix et du marché. La face de la valeur économique révélée par le marché ou le mécanisme des prix apparaîtra normalement dans les rubriques comptables du compte de résultat de l’entreprise. C’est tout au moins la vision qu’en ont les économistes qui, depuis Alfred MARSHALL, ont introduit l’analyse des « effets externes ou « externalités ». Ainsi, dans nos grilles, on va bien retrouver ces effets externes positifs de nature économique sous différentes rubriques (par exemple celles relatives aux « retombées économiques » indirectes ou induites des actions ou des productions d’une O.E.S.S, sur les territoires du développement local). Mais, la démarche utilité sociale est beaucoup plus ambitieuse que celles des « économistes des externalités », car elle ne s’attache pas seulement à la difficile remontée des formes de valeur économique cachées ; elle ambitionne aussi d’exprimer, de faire valoir, de faire prendre en compte (par des indicateurs sociaux, par exemple, ou, à un autre niveau, par la recherche en sciences sociales), ce qui échappe à la valorisation économique et au calcul économique, c’est-à-dire des formes d’utilité sociale et sociétales qui ne sont pas visibles dans le champ de vision des lunettes des économistes. En résumé, la démarche utilité sociale vise bien à traquer toutes les formes de la valeur qui ne se manifestent pas spontanément au premier plan de l’activité productive des entreprises, parce que notre appareil comptable n’a pas été conçu pour les repérer et les faire valoir. Il faut donc inventer d’autres instruments de mesure, c’est l’objet même des grilles ou guides de l’utilité sociale que nous tentons de mettre en œuvre les uns et les autres avec leur batterie de critères, d’indicateurs ou d’indices.

Les démarches Progrès :

La démarche progrès a pour objectif de permettre à une structure de disposer d’une méthode de travail et d’outils lui permettant d’améliorer son efficacité, ses pratiques (dimension économique, sociale, environnementale...) et de clarifier ses finalités de manière continue et dans une logique de co-construction avec l’ensemble des parties prenante. La démarche progrès n’a pas pour objet de garantir la conformité a un révérenciel ou d’obtenir un agrément, mais de construire une évaluation permanente de la cohérence entre les finalités sociales et les pratiques permettant l’amélioration en continu.

Présentation de quelques outils d’évaluation s’inscrivant dans une démarche progrès développés au sein du Mouvement pour l’Economie solidaire

1. EvaluMip développer par l’ADEPES en Occitanie : démarche de progrès pour accompagner le processus d’amélioration continue dans une co-évaluation pour faciliter un regard commun de l’utilité sociétale. La gouvernance est au cœur du travail.
2. Démarche progrès en économie solidaire menée dans le Nord Pas de Calais par l’APES : . Issue d’une démarche environnementale HQ21 pour permettre à une structure d’améliorer son efficacité (sociale, environnementale) animé par un cabinet de consultants extérieurs. La mobilisation des parties prenante est choisie par la structure dans une dimension de processus.
3. Démarches de progrès volontaire d’évaluation à destination spécifiquement des régies de quartier (label / marque) porté par le CNLRQ : avec une régie de quartier marraine + un consultant extérieur. Cette évaluation ne sanctionne pas et ne remet pas en cause la labellisation.
4. Systèmes participatifs de garantie : développé dans le champs du commerce équitable ( MINGA) et de l’agriculture (ADEAR) les systèmes de garantie s’inscrivent également dans le champs des démarches progrès . Système dévaluation et accompagnement développé dans les AMAP par le réseau MIRAMAP c’est un outil d’éducation populaire qui travaille sur la confiance, le réseau et l’échange. Evaluation par les pères, par les parties prenantes basée sur l’éthique. Double contrainte : obtenir une reconnaissance de l’état notamment pour les politiques de défiscalisation (intérêt général) et des 6 organismes certificateurs accrédités par la COFRAC. D’une approche philosophique de l’AB, on assiste à une démarche produits/clients avec deux questionnaires distincts et avec un agriculteur parrain. Il y a en Amérique latine des systèmes de garantie participative très fort dans une démarche de pédagogie et d’éducation populaire.

Le Guide d’amélioration des bonnes pratiques dans les organisations de l’ESS :

A travers sa participation aux travaux d’ESS France et du CSESS, Le MES a contribué a l’élaboration de ce guide qui s’inscrit complétement dans une démarche de progrès.
Le Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) a adopté, en juin 2016, le guide des bonnes pratiques des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce guide a vocation à aider les entreprises de l’ESS dans leur démarche d’amélioration continue.
Ce guide présente les « conditions d’amélioration continue des bonnes pratiques des entreprises de l’économie sociale et solidaire » comme défini par l’article 3 de la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire.
Il constitue « un appui aux entreprises pour qu’elles élaborent leur propre diagnostic et plan de progrès » selon 8 thèmes :
- la gouvernance démocratique
- la concertation dans l’élaboration de la stratégie de l’entreprise
- la territorialisation de l’activité économique et des emplois
- la politique salariale et l’exemplarité sociale
- le lien avec les usagers/bénéficiaires/clients
- la diversité au sein de l’entreprise
- le développement durable
- l’éthique et la déontologie
Produit par les membres du Conseil supérieur, ce guide a fait l’objet d’un travail collégial associant les représentants des familles de l’ESS, de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES), et de plusieurs administrations concernées.
Le guide adopté par le CSESS est expliqué et disponible entéléchargementsous forme de deux livrets distincts sur le site Internet collaboratif des acteurs de l’ESS.